jeudi 26 janvier 2012 à 19 heures

Maison du Peuple salle 0.05

Place de la Résistance à BELFORT

Denis SOMMER, 1er Vice-Président du Conseil Régional de Franche-Comté (en charge de l’économie, de l’emploi, de la sécurisation professionnelle et de l’économie sociale et solidaire) présentera les actions de la Région et les réflexions en cours, au moment de renouveler en 2012 le schéma régional de développement économique. Vos apports et vos questions permettront de nourrir le projet.

 

« Le changement, c’est maintenant »

Le slogan de campagne de François Hollande : « Le changement, c’est maintenant »

11/01/2012 à 10h50

« Le changement, c’est maintenant ». Le slogan de campagne de François Hollande est maintenant validé et sera officialisé mercredi 11 janvier, à l’occasion de l’inauguration du quartier général au 59, avenue de Ségur (7e arrondissement).

Il avait déjà été utilisé ces dernières semaines, également lors de ses vœux de fin d’année.

C’est l’agence de communication BDDP & Fils qui a imaginé ce slogan, ainsi que les éléments graphiques de la campagne. Ils ont été validés par le trio gravitant autour du candidat : Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll et Manuel Valls.

« L’idée, c’est que la volonté de changement, l’envie de changer de président passent par François Hollande », détaille au Monde Manuel Valls, responsable de la communication.

 

Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?

Point de vue | LEMONDE | 02.01.12 | 16h00

par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste

La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.REUTERS/BRENDAN MCDERMID

Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d’euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d’être transparente sur l’aide qu’elle avait apportée elle-même au système bancaire.

Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé », affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l’écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?

Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n’avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu’il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l’Europe s’enferme dans une « spirale de la mort ». Comment donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l’Europe est de plus en plus détestée par les peuples ?

Angela Merkel a raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l’essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d’impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser.

Faire payer des taux d’intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu’il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu’il n’y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs…

Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu’a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la « vieille dette » de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.

Il n’est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n’est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d’investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s’endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.

Rien n’empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l’Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l’équilibre si l’Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l’Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun.

Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession « plus grave que celle de 1930″, d’après le gouverneur de la Banque d’Angleterre ?

Si l’on s’en tient aux traités, rien n’interdit à la BCE d’agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d’agir, mais tout l’incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l’avis général, c’est l’inflation la plus inquiétante !

En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d’un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d’Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu’attendent encore nos dirigeants pour donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s’appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d’économie d’énergie.

Ceux qui demandent la négociation d’un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d’agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique.

Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s’enfonce dans une « spirale de la mort » et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L’urgence est d’envoyer aux peuples un signal très clair : l’Europe n’est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.

Michel Rocard est aussi le président du conseil d’orientation scientifique de Terra Nova depuis 2008. Pierre Larrouturou est aussi l’auteur de « Pour éviter le krach ultime » (Nova Editions, 256 p., 15€)

 

François Hollande écrit aux Français : « Le changement, c’est maintenant »

François Hollande en visite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 31 décembre 2011.

François Hollande en visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 31 décembre 2011.AFP/JACQUES DEMARTHON

« Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années. » Dans une longue « adresse aux Français » publiée par Libération mardi 3 janvier et intitulée « Le changement, c’est maintenant », François Hollande entre dans le vif de la campagne à 110 jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Au terme d’un quinquennat marqué par des « fautes économiques et morales », le candidat socialiste dit vouloir susciter un « vrai changement » à même de conduire à « l’indispensable redressement de la Nation ». Il insiste sur l’« échec » de l’actuel président Nicolas Sarkozy, tout en levant l’espoir d’une « alternance » à « la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent ».

« PACTE SOCIAL ATTAQUÉ »

« Les Français souffrent aussi dans leur âme collective », souligne le candidat. « La République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, ‘dégradée’ ».

Pour François Hollande, qui consacre un bon tiers de son message à critiquer le quinquennat finissant de Nicolas Sarkozy, la crise n’explique pas tout. « Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans », dit-il. « Ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner », insiste le député de Corrèze.

« POURQUOI NE PAS CHANGER DE PRÉSIDENT, TOUT SIMPLEMENT ? »

Face à l’« échec » du chef de l’Etat, il invite à se poser « la bonne question », à savoir : « plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ? » Celui qui se présente comme le candidat de la volonté, de la justice et de l’espérance d’un « rêve français » retrouvé en appelle aussi à l’union des forces de gauche dont il espère le soutien.

« Je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes », écrit-il. « Mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement ».

« Si nous savons nous en montrer dignes, c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt », dit-il.

 
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